Passeport Vacances 2026/2

Bis repetita : une deuxième édition du Passeport Vacances pleine de bonne humeur !

En ce samedi 15 août, la canicule s’accorde une pause et le ciel affiche une magnifique teinte grisâtre. Bref, une météo parfaite pour s’enfermer sous terre sans risquer de cuire comme un poulet rôti avant même d’avoir trouvé l’entrée de la grotte !

Rendez-vous fixé à 9 h à la gare de Cheseaux. Tous nos jeunes aventuriers sont au poste, prêts à en découdre avec les profondeurs. Belle surprise pour cette édition : la parité filles-garçons est parfaitement respectée, pour notre plus grand plaisir !

Après un contrôle de l’équipement, les ultimes consignes et les dernières inquiétudes de certains parents évacuées, direction notre grange. Comme le mois dernier, la chaîne d’équipement tourne à plein régime : casque, gants, et vestes chaudes distribués à la chaîne. On charge les véhicules et en route pour le Val-de-Travers !

Sur place, il est temps de troquer la tenue de ville contre la tenue de combat. Au programme : rochers glissants, froid, humidité ambiante et hectares de boue. Un vrai bonheur.

A l'entrée de la grotte, encore propres et multicolors

A l’entrée de la grotte, encore propres et multicolor

Quelques règles de survie dans le monde souterrain

Une fois tout ce petit monde équipé et paré au décollage, un dernier briefing s’impose. La spéléo, c’est fun, mais il y a un mode d’emploi :

  • On regarde toujours où on pose les pieds, on évite de courir, de sauter et on reste en colonne.
  • On garde un mètre de distance avec la copine ou le copain de devant pour éviter de se prendre un son pied en plein visage lors de passages escarpés.
  • On signale le moindre problème.
  • Les mains sales s’essuient exclusivement sur sa veste, jamais sur la roche ! La nature a mis des millénaires à façonner ces magnifiques concrétions, ce serait dommage d’y coller une trace de paume en deux secondes.

Une exploration sportive

Dès l’entrée, le ton est donné : une petite escalade particulièrement lisse et glissante nous souhaite la bienvenue. Rien de tel pour faire comprendre que nous ne sommes pas venus pour une promenade de santé mais bien pour une vraie exploration sportive !

La grotte s’avère plus humide que le mois dernier. Dans les passages pentus ou il est conseillé de se laisser glisser façon toboggan, les filles découvrent soudainement l’avantage des vestes longues: le bas de la doudoune épongeant vaillamment l’eau et la glaise pendant que les fesses restent bien au sec, elles apprécient beaucoup. Progressant comme des pros, nos explorateurs franchissent tous les obstacles des différentes salles et couloirs jusqu’au début de la 3ème étape de notre périple. Une petite escalade de quelques mètres ou nous préférons équiper tout ce petit monde avec un baudrier et une corde de sécurité .

Et comme la sortie de ce passage débouche directement sur le fameux corridor de boue, l’attente réveille le génie artistique des premiers arrivés. Au programme : lancer de projectiles visqueux, sculpture sur argile et relookage des doudounes à la glaise. C’est créatif, c’est salissant, et la matière première est illimitée ! Reste à savoir si ces chefs-d’œuvre finiront au musée Moncler… ou au fond de la machine à laver.

Tout au long de l’exploration, les apprentis-spéléos ont l’occasion de découvrir toutes sortes de concrétions sculptées par la nature pendant, des décennies, des siècles, des millénaires…

Siphon Triangle : patinage artistique et bain de boue

Nous descendons le mythique corridor pour rejoindre le siphon Triangle. Grâce à la canicule de l’été, celui-ci est complètement asséché: une opportunité rare qu’il fallait absolument saisir !

Enfin quand je dis complètement asséché, c’est une manière de parler. Le tunnel pour y descendre est raide. Et comme il est la plupart du temps totalement inondé, son sol et ses parois sont extrêmement glissant et nappé d’une épaisse couche de boue quasi très liquide. Cela nous donne droit à une compétition de figures acrobatiques improvisées ! Heureusement, l’épaisseur des doudounes fait office de bouclier efficace et d’airbag contre la rudesse de la roche. Résultat ? Zéro bobo, pas un seul bleu, mais des fous rires incontrôlables.

Tout au fond se dresse un magnifique petit lac : pause photo obligatoire pour un souvenir aussi rare que magnifique. Puis c’est la remontée par l’autre galerie d’accès à ce siphon, d’où son nom de “siphon triangle”. Il est maintenant temps de rebrousser chemin car en spéléologie, le chemin du retour est curieusement toujours aussi long qu’à l’aller !

Le lac souterrain

Retour vers la lumière

Lors de la remontée dans le corridor de boue, les enfants, ayant bien compris qu’ils avaient devant eux une rare occasion de se rouler dans la boue sans se faire gronder par les parents, s’en sont donné à cœur joie. Ils ont même testé les différentes techniques d’évolution pour éviter de s’enfoncer jusqu’aux mollets. D’abord à 4 pattes et pour certains à plat ventre pour d’autres. La matière extérieure des doudounes étant particulièrement propice à de belles glissades dans la boue, pourquoi s’en priver ?

Après ces joutes mémorables et un défoulement dans les règles de l’art, tout le monde finit par retrouver la lumière du jour. À l’extérieur, c’est l’heure du bilan textile : on se débarrasse de ces tenues trempées, lourdes de trois kilos de glaise et désormais absolument méconnaissables. Mais tout le monde a été bien protégé et est resté bien au chaud, c’est le plus important.

A la sortie de la grotte, en version unifomité des couleurs

Lors de notre retour aux voitures, une petite pluie s’invite alors sur le pays de l’Absinthe, mais nous sommes bien à l’abri sous le couvert du parking pour avaler notre pique-nique mérité.

Mission accomplie !

Les estomacs pleins et les vessies vides, Il est déjà temps de reprendre la route pour le Gros-de-Vaud. De retour à la gare de Cheseaux, nous rendons aux parents tous les enfants extrêmement fiers de leur aventure. Eh oui, on en a pas perdus et on les ramène en parfait état…physiquement en tout cas parce que pour l’esthétique, va y avoir encore du boulot sous la douche! Et si nous nous chargeons du nettoyage des casques, des gants et des doudounes, nous laissons généreusement la gestion du reste de la lessive aux parents. Chacun sa spécialité !

Un immense merci aux collègues du Spéléo-Club de Cheseaux, Sandi, Yves, Marc, Valery-John, Lucien et Guy, à la Société Suisse de Spéléologie pour l’assurance, et à l’APVRL pour l’organisation.

Et enfin, un grand bravo à nos jeunes aventuriers : votre enthousiasme et votre bonne humeur ont fait de cette journée d’aventure un souvenir inoubliable !

O. Crausaz

Les photos sont publiées avec l’accord des représentants légaux

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